Loi de finances 2026 : ce qui change pour la déductibilité du PER

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La loi de finances pour 2026 rebat les cartes en matière d’épargne retraite. Deux mesures majeures impactent directement les contribuables et les dirigeants : la fin de la déduction des versements au PER après 70 ans et l’allongement du report du plafond de déduction à cinq ans.

Ces ajustements ne sont pas anecdotiques. Ils modifient la stratégie patrimoniale, la logique d’optimisation fiscale et, pour certains, l’intérêt même du Plan d’Épargne Retraite.

Nous analysons ici ce qui change, pour qui, et surtout ce qu’il faut faire concrètement.

PER

Suppression de la déduction des versements au PER après 70 ans : un tournant stratégique

Jusqu’à présent, le PER individuel et le PER d’entreprise permettaient une déduction fiscale dite « à l’entrée » : les versements volontaires pouvaient être déduits du revenu professionnel ou du revenu global, dans la limite des plafonds légaux.

Depuis le 1er janvier 2026, c’est terminé pour les versements effectués à compter du 70e anniversaire du titulaire.

Concrètement, cela signifie que :

  • Les versements volontaires après 70 ans ne sont plus déductibles.
  • Les mécanismes de déduction prévus aux articles 154 bis, 154 bis-0 A et 163 quatervicies du CGI ne s’appliquent plus pour ces versements.
  • La mesure vise principalement les PER individuels, car ce sont eux qui étaient les plus utilisés dans une logique d’optimisation tardive.

Le le PER ne doit plus servir d’outil de transmission patrimoniale déguisée.

 

Fiscalité à la sortie : une compensation partielle, mais pas équivalente

La réforme ne supprime pas tout avantage.

En cas de sortie en capital, la fraction correspondant aux versements effectués après 70 ans n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu. Seuls les produits générés par ces versements sont imposés comme des revenus de capitaux mobiliers, avec application des prélèvements sociaux.

En cas de sortie en rente, la fiscalité relèvera du régime des rentes viagères à titre onéreux, avec une imposition forfaitaire sur une fraction de la rente (30 % si l’entrée en jouissance intervient après 69 ans), sans abattement.

Soyons clairs : cette fiscalité « atténuée » ne compense pas la perte d’une déduction immédiate pour les contribuables fortement imposés. Si vous avez une tranche marginale élevée, la perte peut être significative.

 

Impact concret pour les dirigeants et indépendants

Les travailleurs non-salariés, dirigeants relevant de l’article 62 ou titulaires de BIC/BNC étaient les grands utilisateurs de la déduction PER.

Leur plafond reste calculé selon les règles classiques :

  • 10 % du PASS,
  • ou 10 % du revenu professionnel (plafonné à 8 PASS) + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS.

Mais désormais, passé 70 ans, cette mécanique ne fonctionne plus.

Stratégiquement, cela impose d’anticiper :

  • Arbitrer entre PER et autres enveloppes patrimoniales avant 70 ans.
  • Revoir la logique de capitalisation tardive.
  • Éviter les versements opportunistes en fin de vie professionnelle.

Attendre 69 ans pour « charger » son PER devient une erreur classique.

 

Bonne nouvelle : le plafond de déduction est désormais reportable sur cinq ans

La seconde mesure est nettement plus favorable.

Jusqu’à présent, le plafond de déduction non utilisé pouvait être reporté sur trois ans. À compter de l’imposition des revenus 2026, il pourra être reporté sur cinq ans.

Cela change profondément la planification.

Concrètement :

  • Le plafond 2026 non utilisé pourra être reporté de 2027 à 2031.
  • En revanche, les plafonds 2024 et 2025 restent soumis à l’ancienne règle des trois ans.

Ce mécanisme permet désormais de lisser plus intelligemment les revenus exceptionnels (cession d’entreprise, prime importante, dividendes significatifs).

Pour les chefs d’entreprise, c’est une vraie opportunité d’optimisation fiscale différée.

 

Les nouveaux plafonds chiffrés

Pour mémoire, la déduction annuelle maximale correspond au plus élevé des deux montants suivants :

  • 10 % des revenus professionnels de l’année précédente, plafonnés à 8 PASS.
  • 10 % du PASS.

En 2026, cela représente une déduction maximale de 38 448 €, ou 4 806 € si l’option minimale est plus favorable.

Le plafond est diminué des cotisations retraite déjà déduites et de certaines sommes exonérées versées sur les PER.

Autrement dit : le calcul est technique, et les erreurs sont fréquentes sans accompagnement.

 

Notre lecture stratégique

Cette réforme marque un recentrage. Le législateur limite les abus mais renforce la planification anticipée.

Les contribuables qui réfléchissent tôt seront gagnants. Ceux qui improvisent tardivement perdront en efficacité fiscale.

La vraie question n’est plus « combien verser », mais quand structurer sa stratégie retraite.

 

Synthèse rapide

La loi de finances 2026 supprime la déduction des versements PER après 70 ans. Les versements restent possibles mais sans avantage fiscal à l’entrée. En contrepartie, la sortie bénéficie d’une fiscalité allégée sur le capital correspondant. Par ailleurs, le plafond de déduction devient reportable sur cinq ans au lieu de trois, ce qui ouvre de nouvelles possibilités d’optimisation pour les dirigeants et indépendants. L’anticipation devient essentielle.