La vraie question : comment détenir vos biens ?
Avant la fiscalité des loyers, c’est la structure de détention qui fixe les règles du jeu. Les principales options ont chacune leur logique.

Aucune option n’est meilleure dans l’absolu : tout dépend de votre objectif (revenu immédiat ou capitalisation), de votre horizon et de votre situation. Nous détaillons le choix de la SCI sur notre page dédiée à la SCI à l’IR et à l’IS.
À chaque objectif patrimonial correspond, le plus souvent, une structure mieux adaptée :

Location nue ou meublée : deux fiscalités différentes
Le choix entre louer vide ou meublé change toute la fiscalité de vos loyers. La location nue relève des revenus fonciers, la location meublée des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Voici les régimes simplifiés applicables aux revenus 2025.

Au-delà de ces seuils, ou lorsque vos charges réelles dépassent l’abattement, le régime réel devient plus avantageux : il permet de déduire les charges, les intérêts d’emprunt et, en meublé, d’amortir le bien. C’est souvent là que se joue l’optimisation.
Un exemple chiffré. Un investisseur perçoit 20 000 € de loyers en meublé. Au micro-BIC, l’abattement de 50 % laisse 10 000 € imposables. Au régime réel, en déduisant les charges, les intérêts d’emprunt et l’amortissement du bien, la base imposable peut être ramenée proche de zéro pendant plusieurs années. À loyers identiques, l’écart d’impôt est considérable : c’est tout l’enjeu du bon régime.
LMNP : l’atout de l’amortissement, et la réforme de 2025
Le statut de loueur en meublé non professionnel (LMNP) au régime réel permet d’amortir le bien et le mobilier, ce qui efface comptablement une large part des loyers imposables, parfois pendant de nombreuses années. C’est l’un des régimes les plus efficaces pour générer des revenus locatifs peu fiscalisés.
La loi de finances pour 2025 a toutefois resserré cet avantage. Pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value : ils viennent diminuer le prix d’acquisition retenu, et augmentent donc la plus-value imposable à la revente. Certaines résidences services restent hors du champ. Nous détaillons ce régime, et son intérêt qui demeure réel, sur notre page dédiée au LMNP.
Les plus-values immobilières
À la revente d’un bien locatif, la plus-value des particuliers est imposée à 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et à 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 36,2 % avant abattements. La durée de détention réduit progressivement cette imposition.

Une surtaxe de 2 % à 6 % s’ajoute lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 €. La résidence principale, elle, est exonérée. Ces règles sont propres à la détention par un particulier ou une SCI à l’IR : à l’IS, la logique de plus-value est différente, car le bien a été amorti.
L’impôt sur la fortune immobilière (IFI)
Au-delà d’un certain niveau de patrimoine, l’immobilier devient lui-même imposable. L’impôt sur la fortune immobilière (IFI) s’applique aux foyers dont le patrimoine immobilier net taxable dépasse 1 300 000 € au 1er janvier, selon un barème progressif de 0,5 % à 1,5 %. La résidence principale bénéficie d’un abattement de 30 % sur sa valeur.
La manière de détenir et de financer vos biens influence directement votre IFI. C’est un paramètre à intégrer dès la constitution du patrimoine, pas seulement au moment de la déclaration.