Fiscalité du dirigeant

Rémunération du dirigeant : arbitrer entre salaire, dividendes et régime social

Notre approche de la rémunération du dirigeant

Là où beaucoup se contentent d’appliquer une règle générale (souvent le tout-dividendes), nous chiffrons votre situation réelle.

 

Chaque année, nous réalisons des simulations de rémunération pour des dirigeants de PME et d’ETI confrontés aux mêmes arbitrages : salaire, dividendes, holding, retraite, protection sociale ou préparation d’une cession. C’est un sujet que nous traitons au quotidien, pas en théorie.

 

Cabinet pluridisciplinaire installé à Paris, Stengelin réunit experts-comptables, fiscalistes et spécialistes de la paie et de la protection sociale pour traiter la rémunération comme ce qu’elle est : un arbitrage entre coût immédiat, impôt et droits futurs.

rémunération dirigeant

Faut-il se verser un salaire, des dividendes, ou un mélange des deux ?

C’est l’une des premières questions que se pose tout dirigeant, président de SAS comme gérant de SARL, et l’une des plus mal traitées.

 

La plupart des réponses se concentrent sur l’impôt sur le revenu. Or le vrai enjeu est ailleurs : il se joue sur votre régime social et sur vos charges sociales.

 

Optimiser son impôt sur le revenu via les dividendes est un levier réel, mais secondaire. Le choix de votre statut social, et l’équilibre entre rémunération et distribution, pèsent bien plus lourd, sur votre coût aujourd’hui comme sur votre protection demain.

 

Le cabinet Stengelin accompagne les dirigeants de PME et d’ETI pour construire la rémunération qui correspond à leur situation, sans recette toute faite.

salaire ou dividendes dirigeant

Et si on vous accompagnait ?

 

Une mauvaise stratégie de rémunération peut coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros par an, ou réduire fortement votre protection sociale.

Le vrai enjeu n’est pas l’impôt sur le revenu, mais le régime social

Beaucoup de dirigeants raisonnent en taux d’imposition sur le revenu, et comparent la flat tax des dividendes à la tranche marginale de leur salaire. C’est regarder le problème par le petit bout. L’écart d’impôt sur le revenu entre les deux voies existe, mais il est généralement modeste au regard d’un autre poste, bien plus lourd : les cotisations sociales.

 

Le salaire d’un dirigeant supporte des charges sociales qui, selon le statut, représentent une part importante de la rémunération. Les dividendes, eux, en sont en principe exonérés pour un dirigeant assimilé salarié. C’est là que se trouve le vrai levier, et c’est aussi là que se trouvent les pièges. Car des charges sociales plus faibles, ce n’est pas seulement un coût en moins : c’est aussi, souvent, une protection en moins.

 

Président de SAS ou gérant de SARL : TNS ou assimilé salarié ?

Tout commence par votre statut social, qui découle de la forme de votre société et de votre place au capital. Deux grandes familles existent. Le travailleur non salarié (TNS), qui concerne notamment le gérant majoritaire de SARL et l’entrepreneur individuel. Et l’assimilé salarié, qui concerne notamment le président de SAS et le gérant minoritaire ou égalitaire de SARL. La rémunération du président de SAS et celle du gérant de SARL n’obéissent donc pas aux mêmes règles.

rémunération président SAS

 

Aucun des deux régimes n’est meilleur dans l’absolu. Le TNS coûte moins cher à couverture égale, mais cette couverture doit souvent être complétée par des contrats privés (retraite, prévoyance). L’assimilé salarié coûte plus cher, mais offre la protection plus complète du régime général. Un point commun, en revanche : ni l’un ni l’autre n’ouvre droit, en principe, à l’assurance chômage au titre du mandat social.

Un avantage concret de l’assimilé salarié, souvent oublié : il dispose d’une fiche de paie. Pour un dirigeant qui monte un dossier de financement personnel, par exemple un crédit immobilier, ce justificatif de revenus réguliers est apprécié des banques, là où les revenus d’un TNS sont parfois plus délicats à présenter.

 

Salaire ou dividendes : un arbitrage, pas un dogme

Une fois le statut posé, reste à doser entre rémunération et dividendes. Chaque voie a sa logique. Le salaire est déductible du résultat de la société, il réduit donc l’impôt sur les sociétés ; il supporte des charges sociales, mais celles-ci ouvrent des droits ; il est imposé à l’impôt sur le revenu. Le dividende n’est pas déductible (il se prélève sur un bénéfice déjà imposé à l’impôt sur les sociétés) ; il échappe aux charges sociales pour un assimilé salarié, mais supporte la flat tax. C’est tout l’enjeu du choix entre dividendes ou salaire en SAS.

Pour un dirigeant TNS, attention : la part des dividendes du gérant majoritaire qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des apports en compte courant est soumise à cotisations sociales. La frontière entre salaire et dividendes y est donc moins étanche que pour un assimilé salarié. Il n’existe pas de solution optimale universelle : une rémunération pertinente pour un dirigeant peut être catastrophique pour un autre. Le bon dosage dépend de votre statut, de votre besoin de revenu, de votre niveau de protection souhaité et de votre horizon de retraite. Il se calcule, et se réévalue chaque année.

Pourquoi la stratégie SAS 100 % dividendes est une fausse bonne idée

On lit souvent qu’en SAS, mieux vaut se verser uniquement des dividendes pour échapper aux charges sociales. C’est une erreur, pour deux raisons que l’on oublie systématiquement.

La première est fiscale. Le dividende paraît avantageux parce qu’on le compare à sa seule flat tax de 31,4 %. Mais on oublie l’impôt sur les sociétés payé en amont.

Reprenons 100 euros de bénéfice.

  • 100 euros de bénéfice supportent d’abord l’impôt sur les sociétés de 25 %. Il reste 75 euros.
  • Distribués en dividendes, ces 75 euros supportent la flat tax de 31,4 %. Il reste environ 51 euros.

 

Le coût réel du dividende, impôt sur les sociétés compris, avoisine donc 48 à 49 % du bénéfice, et non 31,4 %. Comparé à une rémunération bien construite, l’avantage fond largement.

La seconde raison est sociale, et c’est la plus grave.

 

Un dirigeant qui ne se verse aucun salaire ne cotise pas, donc ne construit aucun droit : pas de retraite, pas de prévoyance, pas d’indemnités journalières.

 

Il optimise sur l’instant et se retrouve, à terme, sans protection ni pension.

 

Le tout-dividendes coûte cher deux fois : en impôt sur les sociétés que l’on néglige, et en droits sociaux que l’on sacrifie.

Les cotisations sociales ne sont pas qu’un coût : elles ouvrent des droits

C’est le point que la logique du tout-dividendes occulte. Une cotisation sociale n’est pas un impôt perdu : elle est, pour une large part, contributive. Elle finance votre retraite de base et complémentaire, votre prévoyance, vos indemnités journalières en cas d’arrêt. Une partie de ce que vous versez aujourd’hui vous reviendra demain, sous forme de pension ou de prestations.

 

Comparer salaire et dividendes sur le seul taux de prélèvement immédiat est donc trompeur : le bon raisonnement intègre la valeur des droits acquis. Pour un dirigeant qui prépare sa retraite ou veut sécuriser sa famille, un certain niveau de rémunération soumise à cotisations n’est pas une perte, mais une épargne et une assurance. Tout l’enjeu est de calibrer ce niveau, ni trop, ni trop peu.

rémunération du dirigeant Paris

Comment trouver le bon équilibre pour votre rémunération de dirigeant

Il n’existe pas de réponse unique, mais une méthode. On part de vos besoins de revenu et de protection, de votre statut social, de votre horizon de retraite et de la situation de votre société.

 

On chiffre alors plusieurs scénarios de répartition entre salaire et dividendes, en intégrant les charges sociales, l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu et la valeur des droits constitués.

 

On retient le point d’équilibre qui maximise votre situation globale, pas seulement votre net immédiat.

 

Cet arbitrage se réévalue chaque année, et s’articule avec vos autres leviers : une holding peut loger les dividendes pour les réinvestir, et la préparation d’une cession change parfois la donne.

Salaire, dividendes ou mixte pour un président de SAS : ce que chaque option implique

Plutôt qu’un calcul détaillé, qui dépend de nombreux paramètres propres à chaque situation, voici ce que chaque option implique concrètement pour un président de SAS, du net immédiat à la protection à long terme.

 

Plutôt qu’un calcul détaillé, qui dépend de nombreux paramètres propres à chaque situation, voici ce que chaque option implique concrètement pour un président de SAS, du net immédiat à la protection à long terme.

dividendes ou salaire SAS

Important : une simulation personnalisée est indispensable. Quelques points de taux de charges ou d’impôt peuvent modifier significativement le résultat.

En clair, le tout-dividendes affiche souvent le meilleur net immédiat, mais à un coût réel proche de 49 % une fois l’impôt sur les sociétés réintégré, et surtout sans aucun droit social. Le tout-salaire protège, mais ampute le net. Le scénario mixte capte l’essentiel des droits tout en limitant le coût. Aucun n’est universellement bon.

Le bon arbitrage dépend aussi de votre foyer fiscal. Un dirigeant faiblement imposé peut avoir intérêt à privilégier davantage la rémunération. À l’inverse, un dirigeant soumis aux tranches les plus élevées de l’impôt sur le revenu pourra parfois privilégier davantage les dividendes. C’est pourquoi une simulation globale est indispensable.

Quel réflexe selon votre situation ?

dividendes gérant majoritaire

FAQ - Rémunération du dirigeant

Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes ?

Cela dépend surtout de votre statut social et de vos objectifs, pas seulement de l’impôt sur le revenu. Le salaire coûte des charges sociales mais ouvre des droits (retraite, prévoyance) et réduit l’impôt sur les sociétés. Le dividende échappe aux charges pour un assimilé salarié mais supporte la flat tax après un impôt sur les sociétés déjà payé. Le bon dosage se calcule au cas par cas et se réévalue chaque année.

Quelle différence entre TNS et assimilé salarié ?

Le travailleur non salarié (gérant majoritaire de SARL, entrepreneur individuel) supporte des charges sociales plus faibles mais une protection plus limitée, à compléter souvent par des contrats privés. L’assimilé salarié (président de SAS, gérant minoritaire de SARL) supporte des charges plus élevées mais bénéficie de la protection du régime général. Ni l’un ni l’autre n’ouvre, en principe, de droit à l’assurance chômage au titre du mandat.

La stratégie 100 % dividendes en SAS est-elle intéressante ?

Rarement. On la croit avantageuse en la comparant à la seule flat tax de 31,4 %, mais on oublie l’impôt sur les sociétés de 25 % payé en amont : le coût réel du dividende avoisine 48 à 49 % du bénéfice. Surtout, ne se verser aucun salaire signifie ne cotiser pour aucun droit : pas de retraite, pas de prévoyance. C’est une optimisation de court terme aux conséquences lourdes.

Les dividendes d'un gérant majoritaire de SARL sont-ils soumis à cotisations ?

En partie, oui. Pour un dirigeant TNS, la fraction des dividendes qui dépasse 10 % du capital social, des primes d’émission et des apports en compte courant d’associé est soumise à cotisations sociales. La frontière entre salaire et dividendes est donc moins étanche que pour un président de SAS assimilé salarié, ce qui change l’arbitrage.

Pourquoi dit-on que les cotisations sociales ouvrent des droits ?

Parce qu’une cotisation n’est pas un impôt perdu : elle est en grande partie contributive. Elle finance votre retraite de base et complémentaire, votre prévoyance et vos indemnités journalières. Une partie de ce que vous versez vous revient sous forme de pension ou de prestations. C’est pourquoi raisonner sur le seul taux de prélèvement immédiat, sans tenir compte des droits acquis, est trompeur.